Quelle différence y a-t-il entre Dieu et Nicolas Sarkozy ?

… Quelle différence y a-t-il entre Dieu et Nicolas Sarkozy ? Si Dieu existe, espérons qu’il a une bonne excuse ! La différence, entre Dieu et le Président de l’Affrance , c’est que notre Tsarkozy Nicolas Premier, autocrate de ses ruses à lui, il existe ! Côté excuse il en a une. De taille. Dans une ambiance, café du commerce, il a été élu,
Président à patte ferme « qui fait c’qui dit qui dit c’qui fait ». Dura lex, sed lex ! La loi est dure, mais c’est la loi ! Élu par une majorité populaire sur les thèses du MEDEF, il aurait pu l’être sur celles de l’Opus Dei. Le 20 décembre 2007, devant Benoît XVI, notre Président devant l’Eternel, nous a rappelé une France qui, depuis les Mérovingiens était la fille aînée de l’Eglise ! Le 14 janvier 2008, devant le Roi Abdallah en Arabie Saoudite, il a convoqué sa vision doctrinaire d’une politique de civilisation qui rime avec évangélisation. Peu importe la religion pourvu qu’elle quadrille les consciences, renvoyant le peuple à son opium, comme le chien à sa vomissure, dirait Engels. Pour les plus jeunes et les plus ignorants d’entre nous, Engels était un zonard sans papiers. Il faisait pas de l’islam, mais du slam, en banlieue, dans le 19e… avant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ça essplique son vocabulaire.

Pourquoi commencer un discours sur une grève interprofessionnelle en Basse Loire par des considérations sur Dieu, les Mérovingiens, et autres tentes bédouines où les chiens vont vomir ? Qu’est-ce qu’il nous fait le corpo de la FSU à flatter bassement tous les bouffe curés de Navarre et des Loges maçonniques ? Et bien, c’est parce que l’offensive du Tsarkozy vise à nous changer radicalement la République. Sa vision conservatrice du Monde, le Président actuel l’a décrite en tant que candidat dans un livre « La République, les Religions et l’Espérance » paru en 2004. Sans que cela fasse partie de son programme de l’époque, le Tsarkozy devenu Président nous plante aujourd’hui une religion garante de l’ordre social qui remet en cause non seulement la laïcité et la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, mais aussi notre Constitution. Sa vision du monde et de la société, il l’exprime comme le reste, sans complexes, affirmant que l’humanité a échoué dans ses aspirations au progrès et à la justice sociale. Tressaillons d’Amour et de Bonheur : Dieu et l’Argent sauveront le Monde !

En renvoyant la laïcité aux poubelles de l’Histoire, le Tsarkozy providentiel remet aussi en cause le progrès social. Il rejoint Denis Kessler avec le MEDEF pour détruire tout le programme du conseil national de la Résistance sur lequel l’essentiel de nos solidarités sociales est basé. Il se souvient du temps où il a été ministre
de l’intérieur et des cultes. Sa réforme de l’Etat est taillée sur mesure pour le ministre de l’Intérieur. Dès 2009, la quasi totalité des directions départementales, l’essentiel des directions régionales des administrations françaises sont appelées à être intégrées aux Préfectures. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois publics qui
vont être détruits à cette occasion. L’Etat n’existera plus au plus près des citoyens. Les clientélismes reprendront leurs droits comme au temps des hobereaux et des communautarismes. La cible c’est à court
terme faire disparaître les différents statuts de fonctionnaires pour aller vers un seul contrat de travail commun au public et au privé. Comme le dirait Tony Blair : « fini le confort de l’emploi garanti ». La France moderne du Tsarkozy est en réalité terriblement conservatrice dans ses fondements. Ce sont les retraités qui devront pour l’essentiel se payer par épargne préalable leurs propres retraites, les malades leurs soins. Globalement il faut travailler plus en déréglementant et détricotant les garanties du Code du Travail. Dans le grand concert conservateur sont également remises en cause la raison et les sciences. La sélection à l’Ecole pour faire sortir le plus tôt possible une part d’élèves en difficulté, la mise en concurrence de lycées et collèges, la notation démago des profs par les élèves, le salaire au mérite, sont autant d’indicateurs révélateurs de la médiocrité sociale vers laquelle ce gouvernement nous tire.

Qu’il se grille ou pas aux yeux de l’opinion, le Tsarkozy à décidé de façonner une France de régression sociale reposant sur une pensée politique réactionnaire dite culturaliste. Ce modèle est destiné à durer. Il revient au syndicalisme, sur des bases syndicales sachant appréhender l’intérêt général, de dégager des alternatives. Ce n’est pas prendre la place de partis politiques encore incapables d’en dégager. C’est affirmer que les défenses catégorielles, pour être efficaces, doivent sortir des expressions corporatistes pour embrasser un sens plus large. L’action interprofessionnelle est plus que jamais indispensable. Nous avons su le faire dès le mois d’octobre en Loire-Atlantique. La sectorisation des luttes privé/public n’est pas seulement une erreur stratégique. C’est aussi s’accommoder objectivement des dégradations en cours en les accompagnant de manière critique.

Tsarkozy chevauche le veau d’or avec Bolloré. Il parle de Dieu aux peuples. Tel un croisé de la géopolitique, une main sur la Bible, l’autre sur un magazine people, ou sur un mini bréviaire européen dont il a changé le code barre, le Tsarkozy n’a honte de rien. Il cherche à opposer les usagers des services publics à ceux qui font grève pour les défendre. Face à sa morgue, pendant qu’on en a encore le Droit, pour pas finir l’intelligence barbelée, avec des oreilles de Mickey à Disneyland, construisons une grève interprofessionnelle de civilisation !

Nantes, le 24 janvier 2008