La mobilisation de la FSU et de l’intersyndicale depuis plus d’un an a obligé le ministère à ouvrir des discussions sur la création d’un statut d’AESH. Le premier groupe de travail a eu lieu le 20 mai. Le compte n’y est pas ! Une mobilisation est prévue le 9 juin.

Après le rejet par le Sénat, le 7 janvier dernier, d’une proposition de loi visant à la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, Edouard Geffray avait annoncé l’ouverture de travaux sur le statut de ces personnels.
Après la tenue du premier groupe de travail sur la question du statut des Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), plusieurs syndicats se montrent insatisfaits des premiers échanges avec le ministère de l’Education nationale à ce sujet. Dans un communiqué publié ce 22 mai, une intersyndicale dénonce, « les limites fixées par le ministère », jugées « inacceptables », et appelle à la mobilisation le 9 juin prochain.

Alors que les AESH représentent aujourd’hui le deuxième métier de l’éducation tous ministères confondus en nombre de personnels, le ministre envisage une « fonctionnarisation » limitée à seulement 10 à 20 % des AESH.

L’accompagnement des élèves en situation de handicap est une mission essentielle, pérenne et indispensable du service public d’éducation. Il ne peut être assuré par des personnels maintenus dans la précarité, sous-payés et privés de véritables perspectives professionnelles.
La réunion du 20 mai a été consacrée en grande partie à la présentation par l’Inspection générale d’un rapport qui devrait être rendu public dans quelques jours mais qui a, depuis, fuité. Ce rapport écarte clairement la piste d’une fonctionnarisation des AESH, symbole selon les IG (Inspecteurs généraux) d’un modèle de « l’accompagnement humain précaire ». A rebours des revendications de l’intersyndicale, le rapport évoque la création de « conseillers principaux d’accessibilité », placés auprès du chef d’établissement ou des IEN (1 par circo ?), responsables du développement de l’accessibilité « avec autorité fonctionnelle sur les personnels ressources de l’école inclusive (notamment ERSEH, formateurs, personnels RASED et AESH) ». Plutôt que la fonctionnarisation des AESH, les IG évoquent la création d’ »assistants d’accessibilité ». Elles ou ils ne seraient plus affecté·es à la prise en charge d’un enfant par une notification de la MDPH, mais interviendraient directement en appui de l’enseignant·e, par exemple pour la mise en oeuvre de certaines adaptations pédagogiques. Cette nouvelle fonction serait un débouché pour les AESH référentes ou les AESH expérimentées. Les autres AESH resteraient contractuelles et concentrées sur l’accompagnement à la vie quotidienne et sociale des enfants atteint·es d’un handicap lourd.

Pour mettre la pression en vue des réunions à venir (le prochaine groupe de travail est prévu le 16 juin), l’intersyndicale appelle à la mobilisation le mardi 9 juin 2026. Il n’est plus possible d’accepter que nos collègues, essentiellement des femmes, soient maintenues dans une telle précarité. Le statut et un corps de fonctionnaire de catégorie B, c’est possible, c’est urgent, c’est maintenant !