Prise de parole à Nantes le 02/04/2026, lue par Catherine Kernoa :

Rassemblements dans toute la France pour exiger d’une même voix un accès digne à la santé dans toutes ses dimensions.

Les constats sont alarmants (baromètre d’accès aux soins demandé par la Fédération des Hôpitaux Publics)

Accès aux soins :
-6 millions de personnes sont sans médecin traitant
-les déserts médicaux s’étendent et pas seulement en milieu rural (Clos Toreau, Sillon de Bretagne)
-les soins coûtent de + en + cher à cause des dépassements d’honoraires, de la hausse des forfaits hospitaliers et de la hausse des complémentaires santé
-les délais d’attente s’allongent : pour avoir RV avec un dermatologue = 4 mois ½ (soit 2 fois + de temps qu’en 2019) en Pays de Loire, pour un RV avec un ophtalmologiste = 15 semaines

Conséquence terrible : renoncement aux soins constaté (¾ des personnes interrogées disent avoir renoncé à 1 soin depuis 5 ans).

A l’heure actuelle, l’accès aux soins est insuffisant et inégal selon les revenus et selon les territoires.

C’est l’affaire de tous, pas seulement des retraité.es ; il faut nous battre pour une Sécurité Sociale prenant en charge 100% des soins prescrits.

Quels besoins pour la population avançant dans l’âge ?

Les femmes et les hommes vivent plus vieilles et vieux qu’autrefois, encore faut-il vivre bien…
Les besoins sont et seront de + en + importants dans les années à venir que l’on vive chez soi à domicile, en foyer partagé, en logement collectif, en Ehpad.
Pour cela il faut former des personnels, créer des structures non marchandes.
Pour garantir le « bien vieillir dignement» pour toutes et tous les citoyennes et citoyens âgé.es, quel que soit leur revenu, quel que soit leur territoire, il faut un cadre digne du service public, une politique publique du Grand âge et de l’Autonomie.

La loi « Grand âge » est sans cesse reportée depuis 2018, la loi « bien vieillir » n’a apporté que des mesurettes et, pendant ce temps :
-70% des Ehpad (publics et privés à but non lucratifs) sont en déficit,
-il n’y a pas assez de personnels d’Ehpad et d’aide à la personne, le recrutement est en panne,  pour répondre à cela il faudra mieux rémunérer les personnels et recréer un cadre de travail plus attractif.

Le défi est majeur !

Sans réponse publique à cette question « Comment répondre aux besoins d’une population qui vieillit ? », d’autres en profiteront, des structures à but lucratif qui répondent et répondront aux personnes âgées en ayant les moyens financiers, qui n’agiront que dans l’intérêt de leurs actionnaires, qui n’auront qu’un objectif réduire les « coûts » d’accueil (en rognant sur la nourriture par ex), qui licencieront leur personnel si besoin, ou fermeront leur établissement comme récemment à Vitre… sans nos luttes victorieuses, c’est la marchandisation de la santé et de la dépendance qui gagnera…

Nous, citoyennes et citoyens, devons nous mobiliser et empêcher l’État de se désengager – actuellement une décentralisation des ARS (Agences régionales de santé) est annoncée ce qui accentuerait les fractures et les inégalités de territoires.